Le Journal Hormonal Comprendre son corps
Dérèglements hormonaux

« Je mange pareil qu'avant. Et pourtant je grossis » : une endocrinologue explique ce qui bascule vraiment chez des milliers de femmes

Un poids qui s'installe sans que rien n'ait changé — ni l'assiette, ni les efforts. Cette histoire, et l'explication qu'il a fallu des années pour obtenir, éclaire ce que vivent des milliers de femmes après une grossesse, à la ménopause, avec un SOPK ou une thyroïde qui déraille.

Une balance au sol, à côté d'une paire de baskets encore lacées, dans une entrée sobre.
Elle a fait tout ce qu'il fallait. La balance, elle, ne bougeait pas.

Des efforts qui empirent les choses

« Plus je faisais des efforts, plus je prenais du poids. »

Cette phrase, Élise l'a écrite à 30 ans, après cinq ans et 30 kilos. Pas en se laissant aller — en faisant du sport et en surveillant son alimentation.

Alors elle fait ce que n'importe qui ferait. Elle « rectifie le tir » : alimentation plus stricte, entraînements plus réguliers. Ses mots : « Malheureusement, mes efforts sont restés vains. » Les régimes s'enchaînent — perte rapide, reprise, perte, reprise. À chaque cycle, la faim revient plus forte.

Le sport, d'ailleurs, n'est pas le sujet. La même courbe — des efforts, et un poids qui monte quand même — se raconte aussi après une grossesse, à l'approche de la cinquantaine, ou avec une thyroïde qui déraille. Seul le point de départ change.

« Il y avait forcément quelque chose que je faisais mal »

Le plus lourd n'était pas les kilos. C'était la conclusion qu'elle en tirait : « Si je ne maigrissais pas, c'est qu'il y avait forcément quelque chose que je faisais mal. » Et autour d'elle, personne ne la détrompait. Elle raconte sa « frustration de ne pas avoir été crue » — de faire TOUT ce qu'il fallait, et de passer quand même pour quelqu'un qui triche.

Alors elle recommence. Un nouveau programme, une nouvelle rigueur, quelques semaines d'espoir — puis la faim qui remonte, plus forte qu'avant, et la reprise. Chaque lundi devient un nouveau départ. Chaque échec, une preuve de plus contre elle-même. Des années passent comme ça.

Face aux médecins, les options qu'on lui propose la découragent : elle dira plus tard avoir eu le sentiment de devoir « choisir entre la peste et le choléra ». Toujours les mêmes conseils, les mêmes programmes — et toujours le même résultat.

Elles donnent toutes une date

Son histoire n'est pas un cas isolé — et elle a une particularité que l'on retrouve partout. Sur les forums et dans les témoignages publics, les récits se ressemblent :

  • « 15 kilos en trop » depuis la ménopause, sans rien changer à son assiette.Témoignage public, lamenopause.fr
  • « Du jour au lendemain, à 44 ans, je me suis mise à avoir faim tout le temps. »Forum anglophone, traduit
  • « Depuis que j'allaite, je mange comme quatre. »Forum La Leche League France
  • « Je prends du poids malgré une alimentation saine », depuis un changement de traitement thyroïdien.Témoignage public, AFM Thyroïde
  • « À chaque fois que j'ai arrêté la pilule, j'ai pris beaucoup de poids. »Témoignage publié, blog personnel

Et derrière les kilos, beaucoup finissent par dire la même phrase, plus intime que tout le reste : « ce corps n'est plus le mien. »

Vous remarquez ? Aucune ne dit « avec le temps ». Toutes donnent une date. Trois mois après un accouchement. À 44 ans. À l'arrêt d'une pilule. Après un changement de dose.

Un poids qui monte « avec le temps » pourrait s'expliquer par les habitudes. Un poids qui bascule à une date précise, non. C'est un événement. Quelque chose s'est produit dans le corps à ce moment-là — et la plupart de ces femmes ne sauront jamais quoi.

Ce qui se dérègle vraiment

C'est précisément ce qu'Élise a fini par découvrir : un syndrome hormonal (dans son cas, un SOPK avec résistance à l'insuline) déréglait son métabolisme depuis des années. « Mes hormones jouent contre moi et sabotent tous mes efforts », écrit-elle. Et elle est loin d'être un cas à part : une large étude a mesuré cette résistance à l'insuline chez environ 64 % des femmes ayant un SOPK. Le problème n'avait jamais été sa volonté.

Slot image — Brief 2 (bloqué)

Portrait professionnel d'Anne Charon (headshot presse classique). BLOQUÉ tant qu'elle n'a pas donné son accord écrit pour l'usage de sa photo — distinct de la validation déjà obtenue sur les citations/faits. Ne rien produire avant cet accord.

« Anne Charon, endocrinologue. »

« À chacun de ces événements — un post-partum, l'installation de la ménopause, un SOPK, un trouble thyroïdien, l'arrêt d'une contraception — l'équilibre hormonal change. Et quand il change, il peut dérégler deux choses en même temps : la façon dont le corps stocke, à alimentation égale. Et l'intensité des signaux de faim. »

Anne Charon — endocrinologue

Concrètement, ce second point ressemble à ceci — et des milliers de femmes s'y reconnaîtront : vous venez de finir un repas, vous êtes remplie, et vous pensez déjà au suivant. La cuisine qui « appelle » vers 21h30, une fois les enfants couchés. Cette sensation étrange d'avoir faim et d'être pleine à la fois.

Slot image — Brief 3

Capture d'écran de la page de l'étude Sumithran et al., 2011 (NEJM), traduite/annotée en français, chiffres clés surlignés.

« Un an après un régime, les hormones de la faim ne sont pas revenues à leur niveau de départ (Sumithran et al., 2011, New England Journal of Medicine). »

« Ce que ces femmes décrivent n'est ni de la gourmandise ni un manque de discipline. C'est un signal de faim dont le volume a monté. Et opposer sa volonté à un signal hormonal, c'est un bras de fer perdu d'avance — d'autant que les régimes restrictifs ont tendance à amplifier encore ce signal. Une étude publiée dans le New England Journal of Medicine l'a montré : un an après un régime, les hormones qui régulent la faim ne sont toujours pas revenues à leur niveau de départ. »

Anne Charon — endocrinologue

Autrement dit : si vous êtes de celles qui font tout ce qu'il faut depuis des années — et qui grossissent quand même — le problème n'a jamais été vous. Tout ce qu'on vous a proposé jusqu'ici visait votre volonté ou vos calories. Rien ne visait le signal.

Ce phénomène précis porte un nom chez les spécialistes. Certaines l'ont peut-être déjà croisé au détour d'un forum — sans savoir, le plus souvent, laquelle des quatre origines le déclenche chez elles. Car il n'a pas une seule origine : selon qu'il vient d'un post-partum, de la ménopause, d'un SOPK ou d'une thyroïde, il ne se déclenche pas de la même façon — et ne se corrige pas de la même façon non plus.

Le jour où le signal redescend

Voici la partie que presque personne n'explique — c'est pourtant la plus importante.

Tant que le signal de faim est au maximum, tout demande un effort : résister, cuisiner « raisonnable », finir la journée sans craquer.

Slot image — Brief 4

Diagramme éditorial sobre (courbe simple, légendée, style infographie presse santé) — pas de rendu 3D. Zéro corps, zéro personne.

« Le signal de faim monte, puis peut redescendre — selon l'origine identifiée. »

C'est ce qu'Élise a vécu pendant cinq ans. Puis quelque chose a changé. Pas du jour au lendemain, et pas parce qu'elle a fini par trouver « la bonne volonté » — parce que la cause, une fois identifiée, a pu être prise pour ce qu'elle était vraiment. Son cycle, absent depuis longtemps, est revenu. Elle raconte ce moment sans grande cérémonie : « ça a disparu, je n'ai pas compris » — et elle n'avait pas tort de ne pas comprendre : personne ne le lui avait expliqué avant. Un détail, plus tard, l'a convaincue que ce n'était pas un hasard : une pointure de chaussure qui change, sans qu'elle l'ait cherché — pas un chiffre sur une balance, quelque chose de plus discret et, pour elle, de plus certain.

Ce qu'elle décrit aujourd'hui n'a rien d'une transformation spectaculaire. Elle finit son assiette et passe à autre chose. Elle fait ses courses sans négocier avec elle-même. Elle n'y pense plus. Pas « mieux tenir » — ne plus avoir à tenir. « Je redeviens moi-même », dit-elle. Pas transformée. Redevenue.

« C'est toute la différence avec un régime classique, qui demande plus d'efforts chaque semaine. Quand on agit sur le signal lui-même, avec des leviers adaptés à l'origine du dérèglement, l'effort diminue au lieu d'augmenter. Mais il faut identifier la bonne origine : ce qui aide après un post-partum n'est pas ce qui aide une thyroïde. »

Anne Charon — endocrinologue

Une précision honnête, avant d'aller plus loin : ce qu'elle a vécu n'a rien d'un miracle acquis une fois pour toutes. C'est un mécanisme — et un mécanisme, une fois identifié pour votre cas, peut se réajuster si le signal remonte. C'est précisément pour ça que la suite explique le pourquoi, pas seulement le quoi faire : pour que vous puissiez repérer vous-même si ça recommence.

→ Identifier ce qui a déréglé votre signalLe test — 2 minutes, gratuit

Faire le point sur votre situation

Ce soir, vers 21h30, si la cuisine vous appelle comme d'habitude — vous saurez désormais pourquoi. Et c'est toute la différence avec hier : hier, ne rien faire était une fatalité. Maintenant que vous savez, c'est un choix. Reste à savoir ce qui a déclenché ce dérèglement chez vous.

Un test de 2 minutes a été conçu pour cela, à partir des questions que ces femmes auraient aimé qu'on leur pose : quand votre poids a basculé, à quoi ressemble votre faim, ce que vous avez déjà essayé. À la fin, vous recevez votre profil : laquelle des quatre origines correspond à votre situation, pourquoi les tentatives précédentes n'ont pas fonctionné dans votre cas — et à quoi ressemblerait un plan conçu pour faire redescendre le signal, chez vous.

Le test ne demande rien d'autre que vos réponses : rien à avaler, rien à commencer, aucun engagement — et il ne remplace pas votre médecin. Votre profil vous explique le mécanisme point par point : à vous de vérifier qu'il vous ressemble. Deux minutes, pas un chantier de plus dans vos journées.

Ce n'est pas non plus un programme de plus, taillé pour tout le monde et personne en particulier. Ce test a été construit à partir de l'analyse de plus de 2 000 témoignages publics de femmes concernées. Et vos réponses changent réellement le résultat : deux femmes différentes reçoivent deux profils différents.

Slot image — Brief 5

Grille de produits (boîte de gélules, appli de comptage floutée, ticket de diététicienne, carton de substituts de repas), chacun barré d'une croix discrète. Objets uniquement, jamais un corps.

« Dix ans de tentatives, en une image. Aucune ne visait le bon signal. »

Slot image — Brief 8

Maquette d'écran du type de résultat que génère le test (champs flous/génériques, aucune vraie donnée personnelle affichée).

« Aperçu du profil obtenu à la fin du test. »

Faire le test — 2 minutes

Construit à partir de l'analyse de plus de 2 000 témoignages publics. Vos réponses changent réellement le résultat : deux femmes différentes reçoivent deux profils différents.

Questions fréquentes

Est-ce qu'on va me proposer un traitement ou un produit à avaler ?

Non. Le test débouche sur un profil et un plan d'ordre comportemental — rien à prendre, rien à commander pour le lire. Et rien ici ne remplace un suivi médical : si vous suivez un traitement, il ne bouge pas d'un millimètre sans votre médecin.

Je n'ai ni le temps ni l'énergie pour « un programme de plus ».

C'est prévu pour ça. Le test prend deux minutes, le profil se lit en cinq. Il a été pensé pour des journées déjà pleines — pas comme un chantier qui s'ajoute au reste.

J'ai un SOPK / une thyroïde. Vos conseils ne seront-ils pas génériques ?

C'est le principe inverse de ce test : le profil dépend de l'origine de votre dérèglement. Ce qui aide après un post-partum n'est pas ce qui aide une thyroïde — deux femmes avec des réponses différentes reçoivent deux profils différents.

Pourquoi je ferais confiance à cet article plus qu'au reste ?

Ne nous faites pas confiance sur parole : chaque affirmation de cet article est reliée à sa source (les liens sont dans le texte et en bas de page), et votre profil vous explique le mécanisme au lieu de l'affirmer. Vérifiez, puis décidez.

SourcesLovejoy JC et al., Int J Obes, 2008 (composition corporelle à la ménopause) · Zhu J et al., Ther Adv Endocrinol Metab, 2023 (œstrogènes et régulation de l'appétit) · DeUgarte CM et al., Fertil Steril, 2005 (résistance à l'insuline dans le SOPK, 64,4 %, 271 patientes vs 260 témoins) · Stefanaki K et al., Nutrients, 2024 (hyperinsulinémie et fringales) · American Thyroid Association, Thyroid and Weight · Sumithran P et al., N Engl J Med, 2011 (persistance des adaptations hormonales après régime) · Fothergill E et al., Obesity, 2016 (ralentissement métabolique à long terme) · Hayashi D et al., Nutrients, 2023, et Dhurandhar EJ et al., Nutrition & Diabetes, 2025 (définition émergente du phénomène nommé à la révélation) · témoignage public (source : margauxlifestyle.fr) · @healthycamille, commentaire TikTok le plus liké du fil (515 likes) · fil @vieavecmonsopk, commentaires TikTok · témoignages publics AFM Thyroïde, LLL France, lamenopause.fr · relecture : Anne Charon, endocrinologue.

Les personnes et les histoires présentées dans cet article ne correspondent pas à des personnes réelles identifiables. Les données scientifiques et les propos d'Anne Charon sont, eux, authentiques et vérifiables.